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Ancre 1

- PERMANENT COLLECTION -

"The original shapes of things"

 

 

The model remains the same, only the fabric changes each season.

A SUMMER LIKE ANY OTHER

The sacred star crushes its rays on my too thin skin, it is 4 pm.

On the hot asphalt road I meet a little donkey, I approach it is quite young but the soiled hairs of its nostrils disgust me I try to think of something else. His eyes, which fix me, are clear like the water in the wash-house near the church. I pull up fresh grass, I blame myself, it doesn't need it, I don't need it, I have just destroyed an eco system, no doubt, but I continue. I like to feed animals I have the impression that they will love me faster this way, I have been hoping for 40 years now.

On leaving I take a deep breath, I love the smell of manure, it's strange but it comforts me. Life is so beautiful when nature is everywhere around us, salt water drips on my body, I bring my forearm to my lips and I lick the hollow formed at the level of my elbow, I swallow while closing my eyes, I love that.

A strong man spades the earth further with a large blow of a metal tool, he splits the ground with his bare arms, it is beautiful, the sun is reflected on the blade and dazzles me, he apologizes when he sees me carrying my hands in front of my hazel eyes. When I greet him, his face lights up and reveals a calm, toothless smile.

Aesthetics no longer matter as soon as you leave the capital, it's superfluous.

A few more meters and I will arrive at the flea market, a beige and rusty roadside warehouse where people come to drop off their old junk that I love so much. In front, bikes are lining up hoping for a repair that will never happen, they will have to be bought as is.

While wicker deckchairs make my eye, behind the shutters I dream of old sheets and beautiful curtains, damaged dyes, lace tablecloths bursting with stories of the countryside, those that take nights whole by the fireplace, those we tell each other on summer evenings stretched out in the garden. Mixture of soap smells,

kitchen and wood fire ...

It's closed, I'll be back tomorrow.

    ....

    Une mouche se débat dans mon café froid…Stratégique, je la laisse encore un peu et d’un mouvement de cuillère agile je lui sauve toute sa vie en espérant qu’elle ressentira une sorte de gratitude et passera la journée avec moi à me regarder coudre des vêtements. Je l’essuie avec du papier toilette recyclé, en priant qu’il absorbe le jus devenu épais. Je lui actionne les pattes, sa petite taille me défend le massage cardiaque. Aucun signe vital, et si je l’avais tué finalement ? Mon Karma, mes prochaines vies en prendraient un sacré coup…

    et puis soudain comme un miracle, une aile tente de se décoller de son minuscule corps velu, l’espoir revient, je souffle dessus et l’essuie de nouveau, elle reprend vie enfin…

    Et même si on l’imagine aisément voyager au grès des bouses de vaches, de chevaux et de fosses septiques, seule elle ne dégoûte plus, on l’aimerait presque. La solitude est pesante parfois.

    Une épaisse fumée se transforme en un nuage dense, rance et amère, les yeux me piquent je m’approche du foyer de la cheminée, c’est juste tiède, le feu est timide ,

    le bois ramené à dos de brouette au petit matin est encore humide, je peste une insulte un peu molle, j’ai pas l’habitude. Ta mère la pute sale feu de merde.

    Et je me reprends instantanément en me rappelant que c’est dans ces moments que l’on doit garder son sang froid, cela tombe à pique, le mien est glacé. Alors je lui parle, j’invoque le dieu du feu,

    s’il te plait au toi grand dieu du feu, réchauffe ma jolie et apaisante maison, j’ai besoin de toi voici une fleur séchée en offrande, comme si ce bouquet offert il y a 3 ans et demi et symbole de nid à poussières parisiennes avait un quelconque intérêt, comment en vient-on à autant d’hypocrisie jusqu’à mentir aux dieux ? Au bord du désespoir peut être?

    Je ne sais pas mais je dois gagner ce combat sinon je ne passerai pas la nuit.

    Je ne me souviens pas le moment précis ou tout a basculé.

    Et tandis que je tente de comprendre les yeux au plafond, le cœur en miettes, on tape fort aux carreaux, un bruit, un seul, comme par hasard..

    il n’y a finalement que dans ma tête que nous sommes plusieurs. Un cris aigu et strident me fait prendre conscience qu’il s’agit d’une chauve souris qui est passée entre le volet et la porte vitrée, une voix me dit, chic un nouvel ami et je me ressaisis instantanément en pensant à ma chevelure divine. Le froid aplatît les cheveux, c’est connu.

    Dans ma trajectoire, les noix me font de l’œil sur la table basse, comme mes mains ont repris leur fonction à la chaleur d’une mini flamme, j’en casse une, la décortique et la mange.

    Peut-on vivre de noix et d’eau fraîche ?

    L’hiver n’a pas commencé.

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